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Construction d'une maison

Home sweet home !

Depuis toujours, quantités de repères sont donnés aux humains par leur habitat. La maison des sédentaires devient un pilier indispensable de l’unité familiale élargie et de son économie dès le Néolithique.

Sa construction, toutefois,

est souvent une œuvre nécessitant

l’assistance de la communauté.

La maison néolithique est une structure multifonction-nelle. Son intérieur permet de s’abriter, se réchauffer, se rafraîchir, se nourrir, se reposer, etc. Elle est l’épi-centre de nombreuses activités : préparation de la nourriture, fabrication et entretien d’ustensiles et d’ou-tillage, entretien du petit bétail, boucherie, etc. Selon sa taille, la maison néolithique n’abrite pas forcément une famille nucléaire (2 générations), mais plutôt une famille étendue (3 générations). Si toute une famille peut participer à des tâches liées à la construction d’une maison, il est nécessaire, en général, de recou-rir à d’autres membres de la communauté villageoise pour certaines grandes étapes de la construction.

​En plan, les différentes maisons d’un même groupe d’habitats vont généralement suivre des schémas similaires, que ce soit dans le nombre de rangs de poteaux, leur écartement, voire même l’orientation du bâtiment. Bien entendu, des exceptions sont aussi possibles, et il arrive aussi – à l’inverse – que toutes les maisons soient strictement alignées et munies d’une structure identique.

La première étape d’une construction est donc la planification. La seconde étape, cruciale aussi, est la préparation des matières premières : repérage et cou-pe des arbres, coupe de végétaux pour les cloisons internes, récolte d’argile pour les parois, récoltes de végétaux de zone humide pour la couverture, etc.

Une fois les matériaux disponibles et acheminés des environs, la construction peut commencer. Sur les lit-toraux crayeux et humides, les poteaux sont enfoncés par gravité : des mouvements de va-et-vient permet-tent de liquéfier les sédiments fins et le poteau s’en-fonce par gravité. Dès que les mouvements s’arrêtent, les sédiments se tassent et calent le poteau en place. Sur les sols moins humides, il est nécessaire de creu-ser des fosses pour caler les poteaux. Lorsqu’on en trouve les traces en fouilles archéologiques, il s’agit des célèbre « trous de poteau ».

La charpente est ensuite aménagée sur les poteaux porteurs et les assemblages évoluent et suivent des modes techniques selon les régions. La couverture qui assure l’étanchéité aux intempéries est disposée sur le toit. Sur les rives de nos lacs, la toiture est souvent réalisée en fibres végétales soigneusement regrou-pées en bottes et agencées de façon très compacte.

Les parois externes et parfois les cloisons internes peuvent être réalisées sur un châssis de clayonnage en branches tressées sur lequel on applique un mé-lange d’argile et de fibres végétales : le torchis.

Si certaines maisons sont aménagées à même le sol, d’autre s’articulent sur un plancher surélevé qui per-met de garder la maison isolée du substrat humide ou périodiquement inondé.

Finalement, un ou plusieurs foyers sont aménagés dans l’habitat. Une grande sole argileuse permet mê-me de faire du feu sur un plancher en bois.

Autour de la maison, on délimite les zones de passa-ge, les zones de rejets de déchets, les zones desti-nées au petit bétail domestique et les zones d’activités diverses.

Rédaction des contenus: F. McCullough / R.Blumer // Conception-Graphisme-Intégration: PA Huguet